22 OCT
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Soirée de la Poésie – Le Discours de l’homme rouge

8 € | Tarif plein - 6 € | Étudiants - 5 € | Professionnels & demandeurs d’emploi

Réservations : 02 /216 75 55 – billetterie@oceannord.org

Vendredi 22/10/2021 à 13h30

Samedi 23/10/2021 à 18h

Soirée de la Poésie – Le Discours de l’homme rouge

Théâtre Océan Nord

Prix : 8 € | Tarif plein - 6 € | Étudiants - 5 € | Professionnels & demandeurs d’emploi

Réservations : 02 /216 75 55 – billetterie@oceannord.org

Le Discours de l’homme rouge (en arabe, sous-titré en français), par Amid Chakir, précédé d’une lecture du Discours du Chef Seattle par Paul Camus (en français, traduction du discours original en anglais)

Discours de l’homme rouge – Chef Seattle / Mahmoud Darwich

L'écriture en mouvement

Les Midis de la Poésie collaborent au Festival Mouvements d’altérité du Théâtre Océan Nord qui a lieu du 1er au 24 octobre 2021. Présenté parmi les spectacles qui traitent différentes modalités de l’altérité, l’événement Discours de l’homme rouge porte une expérience d’écriture « en mouvement », une parole d’altérité : de la terre des indiens d’Amérique à la terre de Palestine, d’un exil à l’autre, mettant en parallèle le Discours du Chef amérindien Seattle et le Discours de l’homme rouge de Mahmoud Darwich – le poète palestinien s’étant en quelque sorte « reconnu » dans le propos du premier et le sort de son peuple.

En 1854, Seattle, chef des tribus Duwamish et Suquamish, prononça un discours devenu célèbre devant le Gouverneur du territoire de Washington, Isaac Stevens. Il répondait à l'offre du gouvernement américain qui lui « proposait » d'abandonner sa terre aux blancs, en retour d'une « réserve » pour le peuple amérindien, par un discours d'une étonnante sagesse et d'une grande beauté. « Nous sommes une partie de la Terre, et elle fait partie de nous. Les fleurs parfumées sont nos sœurs ; le cerf, le cheval, le grand aigle sont nos frères. Les crêtes rocheuses, les sucs dans les prés, la chaleur du poney et l'homme : tous appartiennent à la même famille ». Ce texte, précurseur de préoccupations écologiques qui résonnent avec force aujourd’hui, est marqué aussi d’une interrogation qui n’est pas moins actuelle sur le cours catastrophique de nos sociétés capitalistes occidentales : « Nous savons que l'homme blanc ne comprend pas nos mœurs. Une parcelle de terre ressemble pour lui à la suivante, car c'est un étranger qui arrive dans la nuit et prend à la terre ce dont il a besoin. La terre n'est pas son frère, mais son ennemi, et lorsqu'il l'a conquise, il va plus loin. Il abandonne la tombe de ses aïeux et cela ne le tracasse pas. Il enlève la terre à ses enfants et cela ne le tracasse pas ».

Mahmoud Darwich est réputé « poète de la cause palestinienne », militant ; cette définition est à jamais trop courte, et, au fond, inexacte. Elle ne rend pas justice à sa pensée, à son travail poétique, si l’on en juge par cet échange avec une journaliste, en 1992 :

« ‒ La plupart du temps nous écrivons pour écrire parce que nous nous aimons davantage penchés sur le papier blanc à le remplir de ce que nous voulons de lettres, de mots et de pensées.

‒ Cela signifie-t-il que votre motivation pour l’écriture est strictement littéraire ?

‒ Parfaitement, littéraire et personnelle. La motivation humaine vient en second ».

Il y a d’évidence une identification avec le sort des amérindien‧ne‧s – spolié‧e‧s de leurs terres par les colons occidentaux – avec le « peau-rouge », comme il aimait d’ailleurs à se considérer, dans le texte de Darwich. À lire ne serait-ce que quelques lignes du Discours du Chef amérindien

Seattle, on imagine, dans l’instant de la découverte de ce texte par Darwich, l’urgence littéraire, poétique qui l’a saisi pour en filer l’écheveau au miroir de sa sensibilité et de sa langue.

Et tandis qu’il se glisse dans la peau de Seattle, se déploie à partir du discours du chef indien, une « traduction créatrice » qui, passant par l’évocation en transparence de l’univers et de l'imaginaire palestiniens, rejoint la parole de tous les grands perdants de l’Histoire. Darwich ne dit-il pas, ailleurs : « J’ai choisi d’être un poète troyen. Je suis résolument du camp des perdants » (La Palestine comme métaphore) ?

Ainsi, nous sommes qui nous sommes dans le Mississippi. Et les reliques d’hier nous échoient. Mais la couleur du ciel a changé et la mer à l’Est a changé. Ô maître des Blancs, seigneur des chevaux, que requiers-tu de ceux qui partent aux arbres de la nuit ? Élevée est notre âme et sacrés sont les pâturages. Et les étoiles sont mots qui illuminent… Scrute-les, et tu liras notre histoire entière : ici nous naquîmes entre feu et eau, et sous peu nous renaîtrons dans les nuages au bord du littoral azuré. Ne meurtris pas davantage l’herbe, elle possède une âme qui défend en nous l’âme de la terre. Ô seigneur des chevaux, dresse ta monture qu’elle dise à l’âme de la nature son regret de ce que tu fis à nos arbres. Arbre mon frère. Ils t’ont fait souffrir tout comme moi. Ne demande pas miséricorde pour le bûcheron de ma mère et de la tienne. »

Le Discours du Chef amérindien Seattle, dans une traduction française, inaugure l’événement, lu par le comédien Paul Camus.

Le Discours de l’Homme rouge sera ensuite lu, en arabe, par le comédien Amid Chakir, lecture accompagnée d’un sous-titrage en français dans la traduction d’Elias Sanbar.

Né le 9 mai 1964 en France dans un petit village de Charente-Maritime, c’est après des études de Génie Civil et quatre ans dans « la vie active » que Paul Camus part pour Marseille où il rejoint le Théâtre National de la Criée pour deux années de formation théâtrale auprès de Marcel Maréchal et Jean-Pierre Raffaelli.

Vivant depuis 25 ans à Bruxelles, il a toujours continué à travailler des deux côtés de la frontière. En France, dans le compagnonnage d’Alain Timar à Avignon, on le verra s’épanouir dans de nombreux rôles, rencontrant les paroles d’auteurs aussi importants que Valère Novarina, Gao Xingjian, Samuel Beckett où Koltès.

En Belgique, c’est d’abord avec Isabelle Pousseur dans des spectacles de créations ou de grandes adaptations que nous le découvrons : Adamov (Si l'été revenait, 1991), Müller (Longtemps encore il crut marcher à travers la forêt,1996), Kafka (Tout homme porte une chambre en lui, 1996), Büchner (Woyzeck, 1998), Kertesz (Et votre fumée montera vers le ciel, 2003 – Kaddish pour l'enfant qui ne naîtra pas, 2007), Sophocle (Électre, 2006), Hubert Selby Jr. (Last Exit to Brooklyn, 2018). Ensuite Xavier Lukomski, Thierry Debroux, Marcel Delval et plus récemment Lazare Gousseau en ont fait aussi l’un de leurs compagnons de travail.

Lecteur curieux, il s’attache pendant quelques années à l’œuvre de l’auteur allemand Rainald Goetz . Un nouvel horizon s’ouvre et, au Théâtre Océan Nord, il met en scène en 2009 la première pièce de cet auteur, Guerre, puis, en 2013, une adaptation de son premier roman Chez les fous.

Ces dernières années, il a tourné avec plusieurs spectacles, Last exit to Brooklin (Isabelle Pousseur, 2018), Dans la solitude des champs de coton (Alain Timar, 2017) Le dernier Homme (Julien Gélas).

Paul Camus a également enseigné, à l'INSAS (1992/1993, 1995/1996) et à l'école Palax (2000/2001, 2001/2002, 2010).

Amid Chakir a suivi sa formation au Conservatoire de Bruxelles puis à l'INSAS, dont il sort en 1979. Dès 1973, il joue dans Les Acrobates de Tom Stoppart au Rideau de Bruxelles.

Il a développé un parcours à la scène et au cinéma et enseigné, à partir de 1991, à l'INSAS

Au cinéma, il a joué sous la direction de Chantal Akerman (Hôtel des Acacias), Marc Didden (Brussels by Night, 1983 ; Istanbul, 1984) Dominique Deruddere (Crazy Love, 1987), Kamal Dehan (Les Suspects, 2003) et tourné divers courts métrages et téléfilms

Très investi également dans le secteur socioculturel et associatif, il a dirigé durant neuf ans un travail d'animation théâtrale au sein du Regroupement démocratique marocain, créé le Théâtre Brut avec des jeunes issus de la deuxième génération d'immigration (Tamara, un conte suspect, 1983 ; Ankabout, d'après Shakespeare, 1986), dirigé divers stages (Studio Parallax, associations d'immigrés, La Nuit des contes au Beursschouwburg, en 1995). Plus particulièrement avec le Théâtre Océan Nord, il a dirigé avec Isabelle Pousseur un atelier théâtre pour adolescents à plusieurs reprises depuis 1997

Discours du Chef amérindien Seattle (1854), lecture de la traduction française / Discours de l’homme rouge de Mahmoud Darwich, lu en arabe, sous-titrage en français (traduction d’Elias Sanbar)

Avec : Paul Camus, Amid Chakir et la collaboration de Guillemette Laurent, œil extérieur.

Langues : Français, Arabe (sous-titrage-français)

Dans le cadre du Festival Mouvements d’identité du Théâtre Océan Nord.

En partenariat avec Les Midis de la Poésie.

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