#Poesielab

La médiation poétique aux Midis

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Introduction

La poésie a un rôle fondateur pour toute société. Certains parlent « d’habiter poétiquement le monde[1] », d’autres, de « poésie comme mode d’emploi du monde[2] ». On entend vanter ses vertus thérapeutiques. Sa capacité à proposer un langage qui émerge là où ne l’attend pas (sur les murs des villes, les portes des toilettes), afin de nous rapprocher et nous faire vivre des émotions qui ne s’expliquent pas. C’est un formidable outil, un laboratoire de langues, qui se nourrit des apports de toutes et tous. Depuis quatre ans, les Midis de la Poésie ont testé la rencontre entre la poésie et l’expression des adolescents, en classe, pendant des ateliers isolés, et plus particulièrement dans le cadre de la Langue Française en fête. Ce mot « poésie », est le mot clef pour initier les rencontres, à la recherche d’exemples pour l’illustrer et la volonté de faire résonner ce qui émergera de ces rencontres. La poésie a sa place dans les apprentissages. Elle développe autant l’accès au langage, que l’expression des émotions, la possibilité d’une émulation et d’une sympathie collectives.

L’action de médiation poétique des Midis de la Poésie

Les Midis de la Poésie proposent des événements de poésie depuis 72 ans à Bruxelles. La volonté de l’association a toujours été de promouvoir la poésie au sens large, en se posant des questions sur ce que cette mission signifie dans la ville. Depuis quelques années, la volonté de cette action est de sortir d’une politique unique de démocratisation de la culture, vers une démocratie culturelle. L’ouverture à des publics non acquis nous permet de repenser comment faire de la poésie aujourd’hui, avec de nouvelles voix, et une co-construction des poèmes lors des rencontres. Cette idée s’est petit à petit imposée comme une priorité à ajouter aux missions de notre association. Depuis 2014, des Goûters de la Poésie sont proposés pour un public qui varie entre l’enfance et l’intergénérationnel, au gré des séances. En 2016, un premier atelier d’écriture de poésie est testé. La formule nomade s’impose, en lien avec une visite aux Midis de la Poésie et la volonté de mettre en avant les pratiques artistiques amateures. Les ateliers permettent un questionnement avec le public sur ce que pourrait être la poésie, une découverte collective de poèmes, une écriture à partir des langages des participant.e.s. La volonté de ces ateliers est de construire un lien entre les autres activités des Midis : des événements de poésie à écouter, et le retour sur ce qui a été dit, en groupe, avec des ressources pour proposer de composer ensemble des poèmes individuels et collectifs. A ce stade, s’opérait déjà un constat qui permet aujourd’hui de proposer une méthodologie qui s’affirme de plus en plus en direction d’une médiation horizontale, plus que verticale. Le terme de médiation culturelle, un peu vague, demande à être interrogé, afin de définir plus précisément ce que pourrait être une médiation poétique. Le lien des publics à la poésie n’est pas acquis mais c’est vers et avec les conceptions des personnes rencontré.e.s que peut s’écrire une poésie qui serait celle de demain. La médiation poétique est donc une exploration qui se doit d’être réflexive. À ce titre, la matière même que manie la poésie, la langue et ses usages, est envisagée dans toute sa transversalité. Les usages de chacun.e ont des consonances poétiques, et la rencontre peut permettre de s’interroger ensemble de quelle poésie est convaincante pour le groupe. Les ateliers permettent donc d’écrire de la poésie au sens large (différents procédés d’écriture sont utilisés, visant à désacraliser cette pratique) et de reconnaître à ce qui est partagé ensemble, une valeur poétique. Il n’est pas question de transmission verticale mais bel et bien de collaboration horizontale. Le Poesielab est né.

Les projets du #Poesielab

Poésie postale

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« La poésie postale» permet la rencontre multigénérationnelle entre des enfants, des adultes et des seniors. Un partenariat est imaginé en amont entre les groupes, pour s’écrire des cartes postales avec un angle « mail art » (voir annexe), et un ancrage à travers les quartiers. L’objectif est de repenser la notion de liens, s’envisager partie prenante des rues et des territoires que chacun.e peut arpenter ou fantasmer, en fonction de ses capacités motrices et ses intérêts.

L’aspect intergénérationnel et la notion de revalorisation, de réappropriation du territoire sont à l’origine du projet. Tout commence par une livraison. Un colis postal est apporté dans les groupes partenaires. Il contient de quoi écrire des cartes postales poétiques en se personnifiant comme un élément de la ville. Je suis une rue, un coin d’immeuble, un réverbère, le banc qui accueille les promenades, le pavé déchaussé… Les cartes postales sont envoyées vers un autre groupe, qui répond.

Une criée permet de les découvrir, et de faire se rencontrer les groupes.

Le choix d’écrire son quartier est tourné vers l’émancipation collective, l’exploration de la rue par les jeux de langue, la revalorisation de l’échange postal, pour recréer des enjeux partagés.

Tou.te.s les groupes contribuent à construire une œuvre collective.

Les cartes postales se veulent interactives, et tournées vers la citoyenneté de chacun.e. Comment définir la ville ensemble ? Quelles valeurs peuvent nous rassembler ?

Des ateliers pour écrire des cartes postales de quartier, les faire circuler, les faire entendre dans une criée. Un projet pour écouter et écrire de la poésie socialement engagée, entre des publics qui correspondent.

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Réalisations

- Des cartes postales Mail Art poétiques qui circulent à travers les quartiers

- Des criées à travers les quartiers de la ville.

Pour la Direction de la Langue Française

2019 La Langue Française en Fête « Ecoutez les phénix »

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Les ateliers sont conçus autour des dix mots.

Ils visent à créer une œuvre collective, composée des poèmes des élèves, rassemblés sous une forme définie en fonction du projet.

Dix-sept ateliers de poésie graphique

Un livret de poésie, « Écoutez les phénix » a été édité à 350 exemplaires. Des galeries photos thématiques ont été publiées sur Facebook. Les élèves ont défini avec beaucoup de talent, ce que pouvait être de la poésie graphique, à grand renfort de #, sur les traces de Christian Dotremont, Mallarmé…

Une expérience d’écoute de poésie en action. Les élèves ont été invités à proposer leur vision de la poésie graphique, à l’écoute de poèmes qui pouvaient leur évoquer des images.

L’un des groupes a fait un travail de mise en voix, avant de monter sur scène, pour une prestation où l’émotion d’avoir osé était autant palpable. Oser être un groupe de poètes.

Une vidéo pour mémoire : https://www.facebook.com/watch/?v=448725769207927&extid=KBw6zy59GMI0CpRI

2020 #aquapoésie

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Pour l’année 2019-2020, suite à l’annulation de tous les ateliers en classe, la proposition d’#aquapoésie a été repensée sous forme d’une vidéo qui permettre de faire écrire les élèves à distance à la rentrée, et dont les productions seront partagées sur les réseaux sociaux des Midis de la Poésie et de la Langue Française en Fête. Cette capsule, ainsi qu’une carte poétique à imprimer, invitera à l’écriture de séquences poétiques très courtes.

Le compte Instagram de la Langue Française en Fête, sera la vitrine des réalisations envoyées à pedagogie@.languefrancaise@cfwb.be ou taguées via https://www.instagram.com/lalanguefrancaiseenfete/

Pour participer :

http://www.lalanguefrancaiseenfete/midis

Les Midis de la Poésie relayeront les posts via des stories.

La Fureur de Lire

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« Pour Maria » un poème de Marcel Broodthaers,

Illustré par Pascal Lemaître

En 2020, les Midis de la Poésie proposeront des ateliers d’écriture, via le portail Objectif Plumes, facturés 125 € par atelier de deux heures.

L’atelier est dédié à explorer deux inspirations fortes, communiquées par Maria Broodthaers, la veuve de Marcel, qui a activement contribué à la réalisation de l’œuvre de son mari, toujours en vie aujourd’hui. La tendresse et la nature. Il permettra de découvrir le recueil « Pour Maria », d’écrire de la poésie kasala, et réaliser des totems de tendresse, à partir de poèmes mis en sculpture avec des éléments glanés dans la nature (bricolage poétique). Les participant.e.s aux ateliers seront invité.e.s à aller se promener et ramasser des éléments, en amont de l’animation. Des feuilles, des bâtons, des trouvailles d’extérieur, à combiner avec des éléments de nos maisons.

Une vidéo sera réalisée et diffusée à destination des enseignant.e.s afin de :

  1. Découvrir l’œuvre de Marcel Broodthaers, par l’intermédiaire d’une présentation active, proposée par Pascal Lemaitre, où il sera question de rapport à l’objet et détournement de ce qui nous entoure en œuvre d’art.
  2. Puis il y aura un travail autour de la thématique de la tendresse comme piste de prédilection pour l’art. Avec un corpus de poèmes et une invitation à pratiquer le kasala (rituel d’Afrique sub saharienne, qui invite à la célébration de soi par la poésie).
  3. Pour finir, les participant.e.s construiront des totems de tendresse avec les éléments glanés et les poèmes écrits.

Objectifs poursuivis

  1. Faire connaître la poésie de Marcel Broodthaers en explorant sa pratique artistique de manière active : réalisation d’un totem de tendresse.
  2. Lier une démarche de lecture à une démarche d’écriture. Permettre aux participant.e.s de lire le texte « Pour Maria » autrement, en l’interrogeant sur ce que ça leur donne envie d’exprimer, ce qui fait écho chez eux.
  3. Montrer le lien entre la poésie et les émotions, le rapport à la nature.
  4. Faire un travail poétique collectif à l’écoute des propositions des élèves, de leur capacité à se réinventer par le langage, grâce à la pratique du Kasala.
  5. Donner une visibilité aux travaux des élèves. (communication autour du projet sur facebook et instagram, exposition virtuelle des totems de tendresse réalisés).

Buts identifiés à atteindre

- Montrer l’engagement et la transversalité de la poésie.

- Faire connaître la poésie autour des thèmes ou des auteurs des deux événements La Langue Française en fête ou la Fureur de Lire, en explorant les œuvres de manière active.

- Développer de manière ludique les compétences syntaxiques et poétiques des participants.

- Viser un public large allant des participants aux ateliers en passant par les équipes institutionnelles mais aussi les familles, cas d’ateliers à distance et via la communication des productions sur les réseaux sociaux.

- Lier une démarche de lecture à une démarche d’écriture.

- Faire découvrir l’évènement « La langue française en fête », la thématique annuelle des dix mots ; et l’événement « La Fureur de Lire ».

- Faire un travail poétique collectif à l’écoute des propositions des élèves.

- Donner une visibilité aux travaux des élèves. (Communication autour des projets sur Facebook et Instagram).

- Fidéliser les publics à ces initiatives.

Autres projets du Poesielab

Pour l’année 2019, deux publications ont ainsi été réalisées, issues de trois cycles d’ateliers. Un projet de poèmes de pluie s’est pérennisé avec des pochoirs installés sur les trottoirs. Tous les ateliers ont bénéficié de publications sur les comptes des réseaux sociaux des Midis.

La collection carrée

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Si Magritte était… Dix ateliers donnés pour l’anniversaire du Musée Magritte, Novembre 2019

« Si Magritte était… »

Dix ateliers d’écriture et dessins, conçus comme pour écrire et dessiner librement, sans que la connaissance de l’écriture ou du dessin soit un prérequis pour parvenir à un résultat. Dix propositions conçues et animées par Chloé Schuiten et Aliette Griz.

Poésie graphique, participative, engagée vers des conditionnels surréalistes pour toutes et tous !

Une publication dans la collection carrée garde trace de ces propositions.

Réception des cartons de « Quel soleil nous attend ? »

« Quel soleil nous attend ? », ce sont des mots, spontanés, pas filtrés par des pratiques d’écriture au long cours ou une position acquise, de sage, de poète ; de qui a le droit de dire pour les autres.

Des tentatives qui sont une poésie possible. Collective ; débutante ; parfois maladroite mais toujours engagée dans ce qui peut nous rassembler ici, aujourd’hui, dans notre 21ème siècle qui tangue.

  • Ceci n’est pas un poème 1, Amélie Charcosset et Laurence Vielle. En collaboration avec les Musées Royaux des Beaux-Arts. 2014.
  • Ceci n’est pas un poème 2, Amélie Charcosset et Laurence Vielle. En collaboration avec les Musées Royaux des Beaux-Arts. 2015.
  • Petit Musée temporaire de la grande droguerie poétique, Dominique Maes. En collaboration avec les Musées Royaux des Beaux-Arts. 2016.
  • Continuer de, Jérôme Poloczek. Édité par l’Arbre à Paroles. 2017.
  • être en cours, Jérôme Poloczek. Édité par l’Arbre à Paroles. 2017.
  • ça va déborder, Jérôme Poloczek. Édité par l’Arbre à Paroles. 2017.
  • il est croyant, Jérôme Poloczek. Édité par l’Arbre à Paroles. 2017.
  • ça marchera, Jérôme Poloczek. Édité par l’Arbre à Paroles. 2017.
  • Textes et trames, du mirage au paysage, Elise Peroi et Léascope, Aliette Griz, En collaboration avec les Musées Royaux des Beaux-Arts. 2018
  • Tu t’inquiètes de toute querelle, atelier de poésie connectée 1, Aliette Griz, 2018.
  • Leila et Eurydice, alpha culture, Aliette Griz, 2018.

Domousse – un tapis-rituel de poésie pour tous petits

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En 2019, les Midis de la Poésie obtiennent un subside en médiations artistiques pour le projet « domousse ». Aliette Griz travaille avec Elise Péroi, artiste tisseuse, pour développer un outil pour les crèches, qui permettra de faire de la poésie avec les tous petits. Des contacts sont en cours pour aller le présenter dans les crèches de la Ville de Bruxelles.

Domousse propose un rituel, une expérience sensorielle, qui fait lien entre l’apprentissage du langage et une mise en relation élémentaire, au sens étymologique du terme. Un rituel permet de construire une communauté, ici une communauté de bébés, autour des mythes qui la constitue ; ici l’appréhension du jardin et des éléments de la nature, reproduits sur des tapis qui se combinent, se déploient, racontent une histoire de l’univers à des groupes qui deviennent des complices d’une poésie à venir. La présence des bébés constituent une autre manière d’explorer d’où vient la poésie et comment la faire naître, auprès des plus petits. Sonorité et manipulation sont au programme.

Elise Péroi, artiste et performeuse dans le domaine textile. Elle créera pour le projet les pages et la forme du livre et la performance. Elise a déjà travaillé en collaboration avec les Midis de la poésie. Son travail sur le textile est moteur de lien et devient outil philosophique et poétique.

Elle a animé divers ateliers pour enfants autour du textile et ses thématiques, ayant dès lors les clés de ce qui par ce médium peut émerveiller, ce qui est connu de tous mais que nous avons parfois oublié.

Outre ses sculptures textiles elle réalise des décors devant ainsi tenir en permanence un cahier des charges, ce qu’elle a également appris en sortant d’une formation de designer textile.

Son travail est reconnu par des prix et a été soutenu par de nombreuses institutions, il a déjà voyagé en France, au Maroc et à Hong-Kong.

La fibre artistique, le rapport poétique, l’animation, la minutie, les nombreux contacts au cours de ces année de création sont autant de clef pour mener ce projet.

Pour toute question concernant Domousse : info@midisdelapoesie.be

Les Fleurs du slam

Permettre à toutes et tous de monter sur scène en participant à un atelier de poésie et mise en voix

Un atelier slam co-animé avec Gabriel Massa. Les vingt-deux personnes de l’atelier sont montées sur scène ensemble, pour un texte collectif. Le 140, Lézarts urbains, Francofaune et les Midis de la Poésie veulent renouveler l’expérience. Mixité des publics et des intentions, égalité devant la prise de parole, collective, engagée.

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Les participants de l’atelier « Nous » sur la scène du 140

Les projets du #Poesielab sont conçus par Aliette Griz, autrice, animatrice et réalisatrice

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Ancienne blogueuse, adepte de l’écriture collective à distance, elle a finalement succombé par amour du papier au démon de la publication.

La ville, les rapports humains, la distance causée par la mise en mots font partie de ses thèmes de prédilection. Mais si sa plume était un animal, elle serait un caméléon.

Elle aime quand plusieurs têtes se penchent sur la même page, et anime sur demande des ateliers d’écriture.

Depuis quelques années, elle s’est prise de passion pour la poésie contemporaine, et espère qu’elle finira par remplacer la religion et sauver l’humanité.

https://aliettegriz.com/

[1] Felwine Sarr aux Midis de la Poésie, le 18 décembre 2018

[2] Pascale Seys, aux Midis de la Poésie, le 26 novembre 2019

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