Détail de l’événement
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Franketienne : Haïti-poésie-fureur-magie | Rodney Saint-Éloi & Geneviève Damas
Tarifs individuels:
Normal: 15€
Réduit: 10€
Tickets Article 27 acceptés.
Tarifs de groupe:
Scolaires: 5€ par élève, gratuit pour les accompagnant·es
ASBL: gratuit
Pour inscrire un groupe, envoyez un mail à simeon.martinel@midisdelapoesie.be
Franketienne : Haïti-poésie-fureur-magie | Rodney Saint-Éloi & Geneviève Damas
Le colosse n’est plus. Franketienne, ce génial mégalomane, a donné à l’art haïtien ses dons de voyance et sa rage des profondeurs. De la folie au feu dévastateur, entre voix et formes inventées, revenons d’un poète à l’autre, à ce pays, démoniaque et tendre, qui donne à rêver et à désespérer. Franketienne, en onze calvaires. Arrêtons-nous! Car seule la poésie a droit de vie et de mort dans cette cité où la guerre au quotidien tue le soleil. Revenons au visage de Franketienne, en faisant un grand boucan de feu, avec son héritier et fils, le poète Rodney Saint-Éloi.
Ce dernier sera accompagné de la dramaturge et romancière belge Geneviève Damas pour la lecture de textes.
En partenariat avec CEC
Durée
50 minutes
Frankétienne (de son vrai nom Jean-Pierre Basilic Dantor Franck Étienne d'Argent) est un écrivain, peintre, musicien et enseignant haïtien considéré créateur du mouvement spiraliste, qu’il qualifie de genre littéraire proche des Chants de Maldoror de Lautréamont.
Elevé en milieu rural principalement créolophone, il s’immerge dans la langue française en arrivant à Port-au-Prince où il est scolarisé. Puis il intègre l’Institut des Hautes Etudes internationales et poursuit après son diplôme une carrière d’enseignant puis de directeur d’école.
Au début de l’ère Duvalier, FrankEtienne participe activement au groupe « Haïti Littéraire », fondé par les écrivains René Philoctète, Anthony Phelps et quelques autres. La pression de la politique de Duvalier sur la vie culturelle haïtienne s’amplifie au fil des années et pousse la plupart des artistes à s’exiler. Le poète fait le choix de la résistance et de la lutte par l’écriture. Ainsi il ne quitte pas Haïti et y poursuit en parallèle de sa carrière d’enseignant, la publication de plus de quarante ouvrages.
Ses oeuvres sont un puissant témoignage de l’histoire récente de Haïti, auquel il parvient à donner une portée universelle. Sa bibliographie réconcilie la diglossie créole/français par son bilinguisme.
Il décède en février 2025 à Delmas à l'âge de 89 ans.
© Marie-Andrée Étienne
Rodney Saint-Éloi naît le 27 août 1963 à Cavaillon, au sud d’Haïti. Il est écrivain, éditeur et universitaire. En 1991, il fonde à Port-au-Prince les Éditions Mémoire, entreprise d’édition et de publication publiant les écrivains haïtiens vivant tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays. La maison insiste sur l’œuvre de jeunes auteurs qu’elle fait connaître.
Le poète Georges Castera rejoint l’équipe des Éditions Mémoire en 1999 où il est directeur littéraire. Avec Castera, Saint-Éloi fonde la revue semestrielle d’art et de littérature Boutures.
Rodney Saint-Éloi commence à écrire dès l’âge de 13 ans. Il publie une dizaine de recueils de poèmes, des essais sur la littérature et la peinture. Certains de ses ouvrages sont traduits en anglais, en espagnol et en japonais. Son œuvre est une lente traversée des villes, des fleuves et des visages.
Saint-Éloi vit depuis 2001 à Montréal. En mars 2003, il fonde et dirige la maison d’édition Mémoire d’encrier, qui accueille l’œuvre des auteurs de diverses communautés culturelles : Afrique, Caraïbes et Océan indien.
Considérées comme l’un des atouts des communautés culturelles du Canada, les Éditions Mémoire d’encrier reprennent des œuvres du patrimoine haïtien à travers la collection « Anthologie secrète » (Carl Brouard, Davertige, Franketienne) et la collection « Poésie » (Roussan Camille, Roger Dorsinville, Yanick Jean, Léon Laleau, Anthony Lespès…).
Chez Rodney Saint-Éloi, tout est engagement : écriture et édition. Engagement envers le social, engagement envers la littérature, engagement enfin vers tout ce qui libère. « Ce qui nourrit mon écriture, soutient-il, c’est la colère contre la bêtise, contre tout ce qui empêche de grandir et de rassembler l’humain en nous. Contre tout ce qui ressemble à la ségrégation et au racisme. Enfin contre tout ce qui empêche à l’homme de jouir pleinement de son statut d’homme. Ma passion est l’humain et le livre, cet objet serein qui témoigne de la présence lucide des femmes et des hommes sur terre ».
Photo © Marjorie Guindon
Après une licence en Droit, Geneviève Damas suit une formation de comédienne au conservatoire Royal de Bruxelles, puis à l'IAD et se tourne vers différents métiers du théâtre où elle est comédienne, metteur en scène, adaptatrice puis auteur dramatique. Elle crée en 1998 à Bruxelles la Compagnie Albertine.
Dès 1999, elle organise à Bruxelles les soirées "Portées-Portraits", événements littéraires et musicaux qui proposent la découverte d'écrivains contemporains.
Elle écrit d’abord une vingtaine de pièces pour le théâtre, que souvent elle interprète comme Molly à vélo (2004), Prix du Théâtre/meilleur auteur 2004, ; Stib (2007), Prix littéraire du Parlement de la Communauté française de Belgique, finaliste du Prix des Metteurs en scène en Belgique ; Paix nationale/nationale vrede, commande du Théâtre le Public (2010) ; La Solitude du mammouth (2017), Quand tu es revenu (2021), Hors-Jeu, Perfect Day (2022) et Respire (2026).
Son premier roman, Si tu passes la rivière (éditions Luce Wilquin, 2011, Le Livre de Poche, 2014) a obtenu, entre autres, le Prix Victor Rossel 2011 en Belgique, le Prix des Cinq Continents de la Francophonie 2012.
En 2017, Patricia, en 2019, Bluebird et, en 2021, Jacky paraissent aux éditions Gallimard. Son roman Strange paru chez Grasset en 2023 est finaliste du Prix Décembre 2023 et du Prix des Lycéens et Apprentis du Sud 2025. Trace, chez le même éditeur, paraît en 2026 ainsi que Duras en quinze minutes, chez Ventricule Gauche, au Québec.
Ses textes sont traduits en néerlandais, anglais, italien, allemand, roumain, polonais, serbe, arménien et farsi.
Elle anime chaque année plusieurs ateliers d’écriture et théâtre (lycées, associations, CPAS, Maisons Maternelles, Prisons, IPPJ, Club Antonin Artaud pour adultes psychotiques), dont certains pour des publics adultes.
Elle se fait chroniqueuse occasionnelle pour les quotidiens Le Soir et La Libre.
Depuis la saison 2019-2020, elle est artiste associée au Théâtre Les Tanneurs.
© Ovni