Détail de l’événement
26
Manque de Sarah Kane | Vanasay Khamphommala, Joëlle Sambi, Liliane Campos & Claire Stavaux
Tarifs individuels:
Normal: 15€
Réduit: 10€
Tickets Article 27 acceptés.
Tarifs de groupe:
Scolaires: 5€ par élève, gratuit pour les accompagnant·es
ASBL: gratuit
Pour inscrire un groupe, envoyez un mail à simeon.martinel@midisdelapoesie.be
Manque de Sarah Kane | Vanasay Khamphommala, Joëlle Sambi, Liliane Campos & Claire Stavaux
Lectures du texte de Sarah Kane Manque par Joëlle Sambi, Vanasay Khamphommala la traductrice et Claire Stavaux.
La modération sera assurée par Liliane Campos.
Manque est un quatuor érotique et poétique où mémoire et oubli s’entrelacent pour faire surgir une sensualité nouvelle. Des ruines d’un monde brisé par des violences intimes et collectives, quatre voix tentent de recréer un lien et une langue commune, portées par une soif d’amour absolue. Ces quatre figures, lettres ou vies, exposent leurs obsessions entre passion et chute. Lectures et discussions sont au programme pour évoquer ce texte qui représente un tournant majeur dans son écriture.
Vanasay Khamphommala (ວັນນະໄຊ ຄຳພົມມາລາ)vient au théâtre par la musique. Très jeune, elle chante à l’Opéra de Rennes avant de se former comme comédienne dans la Classe Libre du Cours Florent. Parallèlement, elle met en scène Shakespeare, Corneille, et Barker. Elle travaille comme interprète sous la direction de Jean-Michel Rabeux et Jacques Vincey, avec qui elle collabore régulièrement comme dramaturge. De 2014 à 2018, elle est dramaturge permanente du Centre dramatique national de Tours.
Ancienne élève de l’École normale supérieure, agrégée d’anglais, formée à Harvard et à l’université d’Oxford, elle soutient en 2010 à la Sorbonne une thèse de doctorat intitulée Spectres de Shakespeare dans l’œuvre de Howard Barker, publiée aux Presses de l’Université Paris-Sorbonne. Pour la scène et le livre, elle traduit William Shakespeare, Howard Barker, Alistair McDowall, Anne Carson, Sarah Kane. Elle écrit pour le théâtre : Orphée aphone, Vénus et Adonis, Écho. Ses textes sont publiés par les éditions Théâtrales et les éditions de l’Arche.
En 2018, elle fonde à Tours Lapsus chevelü, dont la première création, L’Invocation à la muse, est présentée au Festival d’Avignon dans le cadre des Sujets à vif. Suivront Orphée aphone (2019), Monuments hystériques (2020), Écho (2022), une tentative de guérison mondiale du chagrin d’amour, ສຽງຂອງຍ່າ (la voix de ma grand-mère) (2024), dans laquelle elle chante un duo avec le fantôme de sa grand-mère lao. Elle développe aussi un répertoire de performances pour les lieux non-dédiés : Je viens chanter chez toi toute nue en échange d’un repas (2020), Le Bain de Diane (2020), Je ne sais garder ni mes slips ni mes secrets (2021), J’ai laissé mon cœur au fond de mon verre (2022).
Elle est également chanteuse.
Photo © René de Sens + Mamana
Claire Stavaux est née en 1984 à Marseille. Elle se passionne dès le plus jeune âge pour le théâtre, d’Avignon où elle passe son adolescence, à Berlin, où elle est comédienne au sein de la compagnie MOB (Macht Ohne Bühne). Agrégée d’allemand, elle enseigne l’histoire du théâtre allemand classique et contemporain à Paris 3-La Sorbonne nouvelle pendant ses études théâtrales.
Également traductrice littéraire, elle a traduit les ouvrages de Clemens Setz, L’Amour au temps de l’enfant de Mahlstadt (2012) et Le Syndrome indigo (juin 2014) publiés aux éditions Jacqueline Chambon, ou encore les sous-titres des DVD de spectacles de Pina Bausch (Walzer, Ahnen Ahnen, Répétitions du Sacre) pour L’Arche. Depuis janvier 2015, elle occupe les fonctions d’éditrice chez L’Arche Editeur, dont elle prend la direction en avril 2017. Elle crée la même année la collection Des écrits pour la parole, impulsant un nouvel élan poétique, puis en 2026 est inaugurée la collection Uppercut, pour activer conjointement les forces contestataires des sciences sociales et du théâtre.
Photo © Jérôme Bonnet
Joëlle Sambi Nzeba est autrice, poétesse, slameuse, metteuse en scène, réalisatrice et militante lesbienne afroféministe. Née à Bruxelles, bercée entre ses pavés gris et la chaleur vibrante de Kinshasa, elle puise dans cette ville matricielle une langue vivante, traversée de rythmes, de silences et de révoltes. Son œuvre s'écrit à la croisée des luttes, des appartenances multiples et des langues qui se répondent.
Depuis plus de vingt ans, elle arpente les territoires mouvants de la poésie, du slam, du documentaire et des textes insurgés. Son écriture, à la fois charnelle et politique, se déploie dans des ouvrages comme Caillasses (L'Arbre de Diane, 2021, Prix SCAM) et Et vos corps seront caillasses (L'Arche, 2024). Son premier roman, Le Monde est Gueule de Chèvre (2007), a remporté le Prix Gros Sel et le Prix Première (RTBF), et été salué par plusieurs distinctions littéraires. Ses nouvelles et poèmes circulent dans des anthologies et revues (Sabir, Imagine, Luster Publishing), parfois traduites en allemand, anglais et serbe.
Mais l'écriture ne suffit pas. Elle monte sur scène, fait corps avec ses textes et les partage dans des formes hybrides, vivantes, traversées de souffle et de rythme. Fusion avec la danseuse de krump Hendrickx Ntela, Angles Morts aux côtés de la musicienne Sara Machine, Congo Eza en trio avec Lisette Lombé et Badi, Maison Chaos (Théâtre Royal de Namur, 2024), ou encore Koko Slam Gang, où la mémoire des grand-mères congolaises se fait poème et cri. Ses créations interrogent la violence institutionnelle, les héritages postcoloniaux, les filiations brisées et les solidarités rebelles.
En tant que réalisatrice, elle travaille actuellement sur Pinkshasa Diaspora, un documentaire poétique et politique qui trace les trajectoires LGBTQIA+ de la diaspora congolaise — fragments de vies souvent invisibles, enfin racontés par leurs propres voix. Elle a également créé plusieurs installations multimédia (C'est Beau, 2019 ; Coloniality/Conviviality, Welt Museum Vienna, 2020-2021) et documentaires sonores (In the Name of the Moambe, Terminus, mourir chez soi).
Militante engagée, elle est l'une des fondatrices du Belgian Network For Black Lives, qui a réuni plus de 20 000 personnes à Bruxelles en juin 2020. Elle est aussi membre du conseil de la EuroCentralAsian Lesbian Community*, première organisation lesbienne de la région. Son activisme traverse et nourrit son travail artistique : chaque intervention — scène, performance, installation, atelier — s'appuie sur ses réflexions sur l'actualité et ses engagements.
Elle transmet cette parole libre et vibrante à travers des ateliers d'écriture qu'elle anime en ligne (La Plume et le Poing) ou en résidence (Géographies Empêchées — Maison de la Poésie de Rennes, La Box de Bourges). Invitée en résidence à Marseille (Peuple et Culture, 2013-2014), Rennes (2019) et Lussas (2019), elle a également mené des conférences performées dans diverses institutions (Musée du Quai Branly, King's College London, ULB).
Prise entre plusieurs identités qui se confondent, Joëlle Sambi écrit pour dire, crée pour transformer, partager, déconstruire et déranger l'ordre établi souvent injuste. Elle habite la frontière et les étrangetés de sa langue mènent son écriture jusqu'à la poésie, au slam — là où les mots deviennent performatifs, où la parole fait corps et la colère devient tendresse.
Photo © Bea Huart
Liliane Campos est chercheuse en études théâtrales et littéraires, maître de conférences à l'université Sorbonne Nouvelle et membre de l'Institut Universitaire de France. Sa recherche porte sur l'imaginaire biologique et les poétiques du corps et de la vulnérabilité. Elle est l'auteure des ouvrages Sciences en scène dans le théâtre britannique contemporain et Entangled Life in Twenty-First-Century Fiction: A Multi-Scalar Poetics, et dirige le wébinaireBioCriticism.