Détail de l’événement
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Rencontre avec Badi | Lisapo de Matonge
Gratuit sur réservation
Rencontre avec Badi | Lisapo de Matonge
Depuis l’enfance, la neige à Bruxelles m’assigne une origine étrangère. Trop congolais ici, trop belge là-bas. À Kinshasa, on m’appelait Belgicain ; à Bruxelles, on me renvoyait toujours ailleurs. Entre deux géographies, deux mémoires, deux regards.
J’ai cherché un lien entre la Belgique et le Congo. Pas dans le passé colonial, mais dans un lieu vivant : Matonge. Quartier mythique de Kinshasa, berceau de la rumba et de la SAPE, et cœur de la diaspora congolaise à Bruxelles. Un nom, deux villes, une identité.
En 2015, j’ai exploré Matonge en musique. En 2026, je raconte lisapo : l’histoire. Une chronique intime et collective d’une génération née entre deux rives, qui refuse de choisir et invente sa propre voie.
Ce livre parle de la Belgique, du Congo, des diasporas et de liberté. Il est un pont entre Kinshasa et Bruxelles, entre hier et demain.
Bienvenue à Matonge.
- Badi, 2026
Une soirée-rencontre avec Badi autour de son nouveau livre intutilé Lisapo de Matonge paru aux éditions midis poésie. Joëlle Sambi sera à la modération.
En présence de la Librairie Ici sont les lions
Badi, de son vrai nom Badibanga Ndeka, est un auteur et artiste né à Bruxelles, d’origine congolaise. Depuis plus de vingt ans, il explore les zones de friction entre mémoire et création, diaspora et transmission, dans un travail qui mêle poésie, récit, oralité et engagement.
Issu d’une double culture – belge et congolaise – il fait de cet entre-deux une matière première à travers la musique (rap, slam), des projets comme Matonge (2015), qui interrogeait déjà les liens entre Bruxelles et Kinshasa à travers le prisme de la diaspora.
Mais l’écriture, chez lui, a toujours été centrale : le besoin de dire, de transmettre, de questionner ce que signifie “hériter”.
Lisapo de Matonge est son premier livre. En lingala, lisapo signifie "l’histoire que l’on transmet". Ce recueil fait dialoguer souvenirs personnels et mémoires collectives, voix intimes et silences hérités. Il y est question d’exil, de filiation, de racines et de réinvention, dans un style brut, habité — parfois tendre, parfois tranchant.
Photo ©James K Barbosa Arise
Née le cul sur une frontière linguistique entre Bruxelles et Kinshasa, Joëlle Sambi dit, crie, écrit des nouvelles, romans, slams, poèmes, documentaires, spectacles, espaces radiophoniques, lieux militants. Cette liste non-exhaustive des traces qu’elle arpente est un lacis de luttes-désirs-nécessités. Meuffe-nomade qui soulève, relève, enlève des strates aux cases de l’identité normative en ponçant du texte, huilant de l’image, savonnant la scène.
De terreau post-colonial en terres d’origines, Joëlle mélange les langues, pénètre le monde dans la ferveur et la rigueur de travail. Viscères et réaction. Sa voix de migrante, lesbienne, afroféministe, exilée permanente écrit non-pas pour en vivre, mais pour en abuser, jusqu’à s’entendre vivre. Colères, Fusion(s) et Créations.
Photo © Philippe Braquenier